Pâques a eu un goût bizarre cette année. Peut-être que comme moi, vous aviez prévu de faire une belle fête familiale. Mais au final l’actualité en a décidé autrement. Cette année, Pâques a dû ressembler à ce qui s’est passé le dimanche après la mort de Jésus de Nazareth. En effet, tous ses disciples s’étaient enfermés chez eux. Ils devaient être terrorisés et pensaient sûrement que tout était fini. Ils avaient cru au message de Jésus. Et avec sa mort, tout leur espoir s’était envolé.  Tant eux que nous, avons oublié ce qu’est Pâques.

 

Pâques est d’abord une fête d’espérance: une fête qui nous rappelle qu’après la nuit vient le jour. C’est cela la Résurrection. L’annonce de Pâques, c’est la conviction que la Parole et le message de Jésus n’ont pas perdu leur validité avec sa condamnation et sa mort. Cette annonce résonne encore plus fort aujourd’hui avec ce que nous vivons. Rien n’est une fatalité, au contraire une promesse est là, une promesse qui rappelle que l’amour de Dieu est plus fort que tout. Et surtout le miracle de Pâques, c’est la confiance en un Dieu qui reconnaît chaque être humain tel qu’il est et qui nous accueille à sa table, sans condition, indépendamment de nos défauts et qualités. Dimanche, je n’ai donc pas pu accueillir tous ceux que j’aime à ma table. Mais j’ai accueilli un invité surprise, cette promesse pascale qui m’invite à garder espoir quoi qu’il arrive, car le jour succède à la nuit.

 

écrit par Emmanuelle Jacquat, pasteure de Chavornay, paru dans l’Omnibus du 17 avril 2020