«C’étaient pas des anges non plus, L’Évangile, ils l’avaient pas lu. Mais ils s’aimaient tout’s voil’s dehors…» disait Barassens dans sa chanson Les Copains d’Abord.  En entendant ces paroles à la radio, j’ai été interpellée: faut-il avoir nécessairement lu l’Evangile pour être quelqu’un de bien? Pourtant, la Bible regorge de personnes qui sont loin d’être des saints, dont les apôtres. Jacques et Philippe ont fui quand Jésus a été capturé. Pierre l’a renié et Juda l’a trahi. Matthieu était considéré comme un collabo. Thomas a eu besoin de voir pour croire. Jean et son frère voulaient être les premiers au paradis. Simon et Jude étaient vus comme des terroristes. Et, on ne sait presque rien d’André et Barthélémy. Ainsi, les apôtres semblent être peu recommandables comme ambassadeurs de l’Evangile. Mais, s’ils ont été choisis, c’est parce que la Bonne Nouvelle n’a aucun sens si elle est transmise par des gens parfaits.

Qui d’autre qu’un lâche peut comprendre ce que ressent celui qui renie sa foi?

Qui d’autre qu’un arrogant peut voir la blessure de celui qui est condescendant et blessant?

Qui d’autre qu’un fuyard ou un incrédule, peut entendre nos doutes et nos questions?

En fait, les apôtres ne sont pas là pour nous servir de modèle. Ils nous montrent par leurs attitudes et leurs comportements que l’Evangile, la Bonne Nouvelle, ça se vit, ça se partage ! Et surtout, qu’«au moindre coup de Trafalgar», c’est elle qui montre le nord dans la tempête de la vie.

 

Emmanuelle Jacquat, Pasteure

 

Article publié dans l’Omnibus du 25 octobre 2019